De plus en plus de gens posent leurs questions à ChatGPT ou lisent la réponse que Google affiche en haut de page, sans jamais cliquer sur un lien. Pour une entreprise, la question devient : est-ce que ma société fait partie de ces réponses ?
Avant de payer qui que ce soit pour y répondre, vous pouvez vérifier beaucoup de choses vous-même. Voici sept contrôles, faisables en une heure, sans compétence technique. Pour chacun, je dis ce que ça signifie quand le résultat n'est pas bon.
1. Regardez votre site comme une machine le voit
Ouvrez votre site, faites un clic droit, puis « Afficher le code source de la page ». Un mur de texte s'affiche : c'est à peu près ce qu'une IA reçoit. Utilisez la recherche (Ctrl+F ou Cmd+F) et cherchez une phrase importante de votre page d'accueil, par exemple le nom d'une de vos prestations.
Si vous la trouvez : bon signe, votre contenu est livré directement.
Si vous ne la trouvez pas : votre texte est probablement construit par un programme au moment où la page s'affiche. Les navigateurs le font sans problème, mais beaucoup de robots qui alimentent les IA ne vont pas jusque-là. Votre contenu existe pour vos visiteurs, pas pour les machines.
2. Mesurez la vitesse sur téléphone
Allez sur PageSpeed Insights, collez l'adresse de votre site, choisissez l'onglet mobile.
Au-dessus de 70 : ça va.
En dessous de 50 : vous perdez des visiteurs, et vous perdez aussi les robots. Ils ont un budget de temps par site ; quand les pages traînent, ils en lisent moins. C'est le point qui revient le plus souvent dans les audits qu'on réalise, et c'est rarement une fatalité : les images trop lourdes expliquent la moitié des cas.
3. Vérifiez qu'une page répond à une question
Listez vos pages principales. Pour chacune, écrivez la question à laquelle elle répond, en une phrase, comme un client la poserait.
Si vous y arrivez pour chaque page : votre site est structuré comme les IA aiment le lire.
Si plusieurs pages répondent à la même question, ou si une page en couvre cinq à la fois, les machines ne sauront pas laquelle citer. Une page fourre-tout « Nos services » qui énumère huit métiers sera toujours moins reprise qu'une page dédiée à chacun.
4. Contrôlez que vos informations de base sont identiques partout
Votre nom exact, votre adresse, votre téléphone. Comparez ce qui est écrit sur votre site, sur votre fiche Google, sur l'annuaire de votre fédération, sur vos réseaux sociaux.
Si tout concorde : parfait.
S'il y a des écarts — une ancienne adresse, un numéro qui a changé, un nom d'enseigne différent — vous demandez aux machines d'arbitrer entre plusieurs versions de vous-même. Dans le doute, elles citent quelqu'un d'autre. C'est la correction la moins technique et souvent la plus rentable.
5. Regardez si vos réponses sont en texte, ou enfermées dans des images
Vos tarifs sont-ils dans une image ? Vos zones d'intervention dans une carte ? Vos références dans un PDF téléchargeable ?
Tout ce qui n'est pas du texte est, pour une machine, à peu près invisible. Une IA ne lira pas votre grille tarifaire si c'est une photo de tableau, et ne saura pas que vous intervenez à Nantes si c'est écrit sur une carte en image. Le réflexe : tout ce qui compte doit exister aussi en texte sur la page.
6. Vérifiez que vos pages sont datées et à jour
Cherchez une date sur vos pages principales. Regardez la dernière actualité publiée sur votre site.
Si la dernière trace d'activité remonte à trois ans, les IA qui privilégient les sources récentes vous écarteront au profit d'un concurrent qui publie. Ce n'est pas une question de volume : deux pages utiles par trimestre valent mieux qu'un blog abandonné de quarante articles.
7. Demandez directement aux IA ce qu'elles savent de vous
Le contrôle le plus parlant, et le plus rapide. Ouvrez ChatGPT, Gemini ou Perplexity et posez trois questions :
- « Que fais-tu comme entreprise, [nom de votre société] à [votre ville] ? »
- « Qui recommandes-tu pour [votre métier] à [votre ville] ? »
- « Quelles sont les entreprises de [votre secteur] en [votre département] ? »
Si vous n'apparaissez nulle part, ce n'est pas un bug : c'est que rien dans ce qui est accessible en ligne ne permet de vous proposer. Si les réponses vous concernant sont fausses — un ancien métier, une ville où vous n'êtes plus, un service que vous ne faites plus — c'est que la machine a reconstitué votre activité à partir de sources périmées, faute de source claire chez vous.
Faites le test aussi avec le nom de deux concurrents. La comparaison est souvent plus instructive que le test sur vous-même.
Que faire du résultat
Comptez vos réponses.
Zéro ou un point qui coince : votre site est en bon état, votre sujet est ailleurs, probablement du côté du contenu et des questions que vous ne traitez pas encore.
Deux ou trois : ce sont des corrections ciblées, pas un chantier. Un site qui ne s'affiche pas assez vite ou des informations incohérentes se règlent sans tout refaire.
Quatre et plus : le problème est structurel. À ce stade, corriger point par point revient souvent plus cher que de repartir sur une base propre — et c'est une décision qui se prend avec des chiffres, pas au feeling.
Ces sept contrôles sont exactement ceux par lesquels on commence quand on regarde le site d'un client. On les documente ensuite dans un rapport qui chiffre chaque correction. Cet audit est gratuit et sans engagement : vous repartez avec le document, que vous nous confiiez les corrections ou non.
Et si vous faites ces vérifications vous-même et que tout est vert, tant mieux : vous venez d'économiser une prestation.



